
Il y a un an, nous pointions les difficultés des clients à s’y retrouver dans la jungle des prestataires en bilan carbone et appelions de nos vœux la création d’une instance fédérant les professionnels du secteur. Six mois plus tard naissait l’Association des Professionnels en Conseil Carbone (APCC). Son président, Rémi Marcus, dresse un premier bilan.
Cleantech Republic : Après six mois d’existence, quel bilan tirez-vous pour l’APCC ?
Rémi Marcus :Nous avons déjà accueilli près de 80 adhérents, dont la majorité des principaux prestataires du secteur, des bureaux d’études techniques ou orientés RSE (ndr : Responsabilité Sociétale des Entreprises), mais aussi des très petites structures. Nous pensons donc représenter légitimement le conseil carbone actif sur le territoire national. Nous envisageons d’ailleurs de créer dès l’automne cinq antennes locales de l’APCC.
Qu’en est-il de votre légitimité auprès des pouvoirs publics ?
Ils étaient comme nous en forte demande d’un interlocuteur pour la profession. Nous avons donc été très vite invités à participer aux travaux de l’Ademe et du Ministère de l’Ecologie. Il était d’ailleurs temps car certains projets déjà engagés pourraient impacter fortement notre métier…et pas forcément positivement.
Pourtant, le décret d’application qui imposera un bilan carbone aux entreprises de plus de 500 salariés est attendu avant la fin de l’année…
Oui, mais sa version actuelle nous semble tout à fait imparfaite car elle limite le périmètre d’étude aux émissions directes. C’est un bilan GES à minima, qui ne poussera pas les entreprises à réfléchir profondément à leur dépendance au carbone car plus de 70% des émissions de GES sont indirectes. De plus, ces bilans au rabais seront insuffisants pour occuper les 2500 consultants que l’Ademe a formés, tout en réduisant simultanément les aides aux entreprises clientes. (Ndr : les bilans GES obligatoires ne sont pas subventionnés.) Le Grenelle II avait fait un pas en avant, il fait maintenant un pas en arrière. Au final l’incitation à réaliser un vrai bilan carbone sera amoindrie …ce constat laisse songeur…
Cela dit, certains prestataires semblent avoir rejoint le marché par opportunisme. N’est-ce pas l’occasion de réguler le niveau de compétences ?
N’oublions pas que l’objectif principal consiste à diminuer les émissions de GES de tout un pays, pas a créer un nouveau marché « pour le plaisir ». Nous avons donc une responsabilité collective. Cela étant précisé, il y a effectivement une assez grande diversité dans les prestations proposées et une véritable disparité dans les niveaux de compétence. Nous travaillons donc très activement sur ces points. L’Ademe aussi, et nous nous parlons… Concrètement, l’APCC rédige actuellement un référentiel décrivant les compétences nécessaires à la réalisation d’un diagnostic, et dont la vocation est de constituer la base d’une sorte de label de qualité. Les modalités de mise en place et d’obtention de cette certification ou qualification ne sont pas encore établies, mais nous espérons aboutir dans les mois qui viennent.
Le Bilan Carbone en 20 questions
Le site GreenVivo.com a mis en ligne, au mois d’avril, un guide pratique dédié au bilan carbone. Destiné aux décideurs, il apporte les éléments nécessaires à la réalisation d’un bilan carbone exploitable et adapté à leurs besoins en répondant à 20 questions simples. A quoi sert un bilan carbone ? Suis-je obligé de le faire ? Vais-je être comparé à mes concurrents ? Comment fonctionne la démarche Bilan Carbone® de l’Ademe ? etc. Retrouvez toutes les réponses à ces questions dans ce guide gratuit.
Télécharger : Le Bilan Carbone en 20 questions, un guide pratique de GreenVivo (PDF - 12 pages)
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Bisson | 19.05.11 à 10.26
Bonjour,
Pour information, Madame la Ministre de l’Ecologie et du transport vient d’être interrogée, à l’Assemblée Nationale, par une question écrite de Bertrand Pancher (17/05/2011) http://recherche2.assemblee-na.....n-utf8.jsp
(cliquer dans « question » puis saisir N° question : « 108414 »)