Eau : l’innovation la plus efficace est celle produite de manière collaborative
par | 23.05.11

A deux jours de l’ouverture d’Hydrogaïa (Salon International de l’Eau, 25-27 mai) à Montpellier, Benoît Gillmann explique la démarche collaborative du réseau Swelia pour favoriser l’innovation dans le secteur de l’eau. Une tribune rédigée en exclusivité pour Cleantech Republic.
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Benoît Gillmann
L’eau est plus que jamais l’un des secteurs clefs de l’environnement. Sur un marché mondial, évalué à 1 400 milliards d’euros par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le traitement de l’eau représente près de 39 %. Il faut dire que les besoins sont gigantesques. En 2020, la population mondiale atteindra 7,4 milliards d’individus. L’accès aux ressources et la gestion durable des réserves d’eau s’avèrent donc cruciaux.
La France, grâce à ses champions nationaux, Suez, Veolia, Saur, a su capter une partie des marchés de l’eau et de l’assainissement à l’international. Dans un segment de plus en plus concurrentiel, cette conquête des marchés mondiaux de l’eau ne peut se poursuivre qu’avec l’apport de services, de technologies et de solutions toujours plus innovants qui répondent à des besoins précis et identifiés. Aujourd’hui, les trois grandes thématiques récurrentes de recherche et d’innovation portent sur le maintien de la biodiversité, l’eau et l’énergie et la qualité de l’eau.
Ensemble, on est plus fort pour innover
Si longtemps l’innovation dans les segments de l’eau s’est concentrée aux cœurs des centres de R&D de ces multinationales, depuis quelques années, sous l’impulsion d’ingénieurs entourés de chercheurs passionnés oeuvrant dans des start-ups ou des TPE/ PME, des solutions innovantes dans différents segments ont émergé. Des réussites technologiques qui ont vu le jour parfois avec l’appui des partenaires publics, mais également des organismes de recherche et de financement.
Pour accélérer leur développement, leur croissance et échanger leurs expériences et leur expertise, certaines de ces sociétés ont choisi de se fédérer au sein de réseaux professionnels : c’est ainsi qu’est né Swelia. Créé en 2006, ce réseau d’entreprises regroupe aujourd’hui 87 sociétés basées en Languedoc-Roussillon, couvrant l’ensemble du cycle de l’eau. En l’espace de cinq ans, Swelia a constitué avec ses membres une action innovation qui regroupe des ingénieurs, des entrepreneurs, mais également des multinationales de l’eau autour de quatre axes de recherche. Les deux premiers concernent le traitement des matières de vidange des établissements non collectifs et les polluants émergents, avec la mise au point de solutions visant à réduire et à éliminer les résidus médicamenteux comme les antibiotiques présents dans les eaux usées. Les deux autres portent sur la réutilisation des eaux usées après traitement et sur les zones végétalisées avec l’étude de différentes solutions de phytoremédiation et de phytoépuration.
Deux projets collaboratifs pilotés par le réseau Swelia
Reste que l’innovation la plus efficace est celle faite de manière collaborative, celle qui se structure autour d’un ou plusieurs laboratoires, d’une ou plusieurs entreprises. C’est à partir de ce simple constat que Swelia a mis en place et piloté deux projets de R&D collaboratifs réalisés par les entreprises du réseau avec les soutiens financiers de la Région Languedoc-Roussillon, de Oséo, des Fonds Feder et de l’accompagnement de l’association Transferts LR. Deux projets qui ont débouché sur la mise au point de deux technologies innovantes.
Le projet ImaGeau : Ce projet de R&D associe à la fois l’entreprise ImaGeau, créée à partir de connaissances transférées de la recherche publique, et le laboratoire de recherche du CNRS. Ce travail porte sur l’auscultation du sous-sol et sur l’installation de nouveaux observatoires permettant d’appréhender et de solutionner les problématiques de suivi d’intrusions salées et de suivi des pollutions en sous-sol.
Le projet Phyt’eau BV Mod. Ce travail collaboratif est axé sur le développement de nouvelles mesures de terrains et en laboratoire d’analyse agréés, pour quantifier les flux de résidus de pesticides provenant d’activités agricoles, pour l’essentiel la viticulture, susceptibles de transiter par écoulement de surface après la pluie. Ce programme couvre également la modélisation des phénomènes. L’objectif est de développer de nouvelles prestations d’ingénierie et de diagnostic, afin de mieux maîtriser les phénomènes et contribuer ainsi à maintenir la qualité des masses d’eau utilisées notamment pour la production d’eau potable.
Ces deux innovations illustrent la détermination des acteurs du réseau Swelia à porter des projets de R&D collaboratifs et de leur capacité à se fédérer et à œuvrer dans un objectif commun. Ils témoignent également du chemin qui reste à parcourir pour permettre à tous un libre accès et une libre utilisation de la ressource vitale qu’est l’eau. Pour des recherches dont le montant global est supérieur à 2 millions d’euros, les acteurs peuvent faire appel au pôle Eau, pôle de compétitivité à vocation mondiale, basé a Montpellier, afin d’y être labellisé et obtenir ainsi des fonds de type FUI (Fond Unique Inter-Ministeriel).
Sources photos : eau-direct.fr (Une), X. Louchart - INRA (Phyt’eau)
Le réseau Swelia
Le réseau d’entreprises Swelia regroupe 87 entreprises basées en Languedoc-Roussillon – plus de 4300 emplois et plus de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires - et couvre l’ensemble du cycle de l’eau. Il est constitué de Petites et Moyennes Entreprises et Industries, et de groupes internationaux qui, ensemble, forment une véritable chaîne de valeur pour l’identification, l’étude, la mise en œuvre et l’exploitation de solutions adaptées aux défis sociaux, environnementaux, économiques et technologiques de l’accès à l’eau pour tous.
Sur le même thème : dépollution, Eau, gestion de l'eau, réseaux assainissement, Saur, Suez environnement, Veolia
















Nathalie Mettling | 23.05.11 à 20.24
Tout à fait d’accord !
Sur les 4 axes de recherche cités, pouvons-nous dire que la France a une avance/expertise technologique à faire valoir ?
Dans la continuité, et afin de promouvoir l’innovation française dans un secteur qui en demande, Ubifrance propose avec les Pôles Eau et Hydréos, de rencontrer les départements Innnovation des grands acteurs américains dans le domaine de l’eau.
Rendez-vous à Los Angeles, lors de WEFTEC 2011.