
Un milliard. C’est le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable dans le monde. Face à cet indécent constat, la société héraultaise Bio-UV a décidé de mettre à profit son expérience dans le domaine de la filtration UV (piscines, stations d’épuration…) pour concevoir une borne solaire capable de filtrer et purifier l’eau à partir du soleil : BioSun. « Cette borne autonome a été développée pour pourvoir au besoin en eau potable dans les lieux isolés, les pays défavorisés et les townships des grandes villes » explique Benoît Gillmann, président de Bio-UV.
Une approche complète qui combine filtration et traitement

Borne BioSun
Lancée en novembre 2010, BioSun se distingue des solutions existantes par son approche systémique. « Nous avons des concurrents mais pas dans une configuration complète. Certaines filtrent mais ne désinfectent pas et inversement ». Pour assurer sa double mission, la borne jaune en fibre de verre contient donc à la fois un filtre à zéolite - qui retient les particules en suspension - et une lampe UV-C - qui va permettre d’inactiver tous les micro-organismes présents dans l’eau. Et notamment les bactéries et virus les plus coriaces comme le choléra. Pour les eaux très polluées (métaux lourds, phosphates ou des nitrates), la borne ne fait en revanche pas de miracles.
50 centimes d’euros pour 2 000 litres par jour
Sur le terrain, BioSun peut être reliée au réseau d’eau, ou être intégrée à une pompe reliée à un fleuve ou un forage. Avec un volume pouvant aller jusqu’à 2 000 litres par jour, chaque borne peut théoriquement satisfaire les besoins quotidiens en eau potable de 100 personnes. Même lorsque le soleil se fait désirer ? « La borne dispose de trois jours d’autonomie » promet Benoît Gillmann. Au niveau financier, il faut compter entre 4 000 et 7 000 euros la borne. Sachant que les filtres et lampes doivent être changés chaque année pour un prix total de 200 euros. Si on sort la calculette, la « potabilisation » de l’eau revient donc à un prix moyen de 50 centimes d’euros pour 2 000 litres par jour. Soit un tarif similaire à celui pratiqué en France. Malgré cet atout, Bio-UV doit encore faire ses armes sur un marché particulier et sur lequel la société n’a pas d’expérience. « Il nous faut passer par des bailleurs de fonds ou des ONG et il faut un peu de temps pour découvrir ce circuit ».
Après Haïtï, la République Démocratique du Congo
Après un an de développement et une commercialisation effective depuis novembre dernier, une première borne à été donnée à Haïti au début de l’année 2011. Afin de sensibiliser la population, une personne s’occupera de gérer la borne et de distribuer l’eau. « La responsabilisation est la formule idéale pour que l’équipement dure longtemps », souligne Benoît Gillmann. Prochaine étape ? La République Démocratique du Congo. Le pays dispose de 35 % des réserves d’eau douce du continent africain mais plus de la moitié de sa population n’y a pas accès. La borne solaire héraultaise pourrait ainsi contribuer à stopper ce dramatique paradoxe.
Bio-UV en bref
- Création : mai 2000
- Siège social : Lunel (Hérault)
- Effectif : 43 salariés en France - 15 aux Etats-Unis (filiale Delta UV Corporation)
- Clients : majors du traitement de l’eau (Veolia, Suez, Saur…)
- Chiffre d’Affaires : 8 millions d’euros en 2010 ; 20 millions en 2015 (objectif)
- Objectifs de vente de la borne BioSun : 100 en 2011
- Pôle de compétitivité : membre du pôle « Eau » de Montpellier
En savoir plus : La fiche Bio-UV sur GreenVivo.com
Sur le même thème : gestion de l'eau, potabilisation de l'eau, qualité de l'eau, Solaire













