Schneider mise sur ses solutions intégrées pour « banaliser » l’efficacité énergétique
Efficacité énergétique | Aucune réaction
par | 10.06.11
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La gestion de l’efficacité énergétique est le cheval de bataille de Schneider Electric. Fin mai, lors du lancement de la table ronde nationale pour l’efficacité énergétique, le groupe français était cité à deux reprises pour ses actions concrètes en faveur d’une plus grande sobriété énergétique. Une première fois au sujet de la démonstration concrète d’effacement électrique sur dix sites industriels majeurs réalisée en partenariat avec la jeune entreprise EnergyPool. Une seconde fois à propos du programme collaboratif Homes (Habitat et bâtiments Optimisés pour la Maîtrise de l’Energie et les Services) qu’il pilote, et qui livre ses premiers résultats positifs trois ans après son lancement.

Pascal Brosset, CTO, Schneider Electric
La nouvelle quête du géant national ? Rien de moins que devenir le leader de l’efficacité énergétique. Pour cela, il met l’accent moins sur ces produits que sur ses solutions intégrées, basées sur des technologies de communication ouvertes. Une orientation stratégique d’ailleurs que partage aussi de grands industriels comme General Electric et Siemens. L’enjeu ? Couvrir jusqu’à 60% des besoins des clients « en standard ». Le développement de ces solutions implique de gros efforts de recherche et développement (Schneider Electric consacre près de 5% de son chiffre d’affaires – 20 Mds€ en 2010 – à la R&D). Pascal Brosset, Senior VP Innovation - Chief Technology Officer de Schneider Electric, nous détaille les mutations en cours de l’entreprise vers les métiers du service.
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Cleantech Republic - Dans son rapport annuel 2010, Schneider Electric affiche l’ambition de devenir le « leader de l’efficacité énergétique » en portant un effort continu sur l’innovation produits. Quels sont vos axes d’innovation prioritaires ?
Pascal Brosset – L’amélioration de l’efficacité énergétique appelle de l’innovation aux trois niveaux de notre portefeuille produits/solutions. Au plus bas niveau, nous intégrons systématiquement mesure et contrôle à l’ensemble de nos équipement (ndlr, capteurs autoalimentés par exemple). Ensuite, nos systèmes de contrôle gagnent en intelligence ; ils deviennent « energy aware ». Cela, afin de mesurer l’énergie au plus près du processus, et de remonter au troisième niveau – celui de la supervision des opérations (NOC, Network Operating Center) - une masse d’informations fines sur les consommations d’énergie en temps réel. A ce dernier niveau, nous disposons maintenant de solutions logicielles analytiques en temps réel de grands volumes de données liées à l’énergie.
Les technologies logicielles tiennent une large part dans les réseaux intelligents d’énergie. Les plus gros efforts de R&D de Schneider Electric sont-ils portés sur ce volet ?
Notre intensité de recherche et développement se répartit à parts égales sur les trois niveaux dont je viens de parler, équipements de mesure, systèmes de contrôle et management des opérations. Notre centre de gravité reste orienté sur le niveau contrôle. Mais, nos solutions intégrées de gestion de l’énergie se composent à 60% de logiciels. Il faut d’ailleurs noter que nos infrastructures convergent vers le protocole de communication IP, en lieu et place des bus de terrain propriétaires. Aujourd’hui, de plus en plus, nos équipements embarquent un serveur web et communiquent leurs données de mesure sous la forme de service Web (XML).
Ce niveau d’intégration est-il le fruit des travaux menés dans le cadre de l’architecture EcoStruxure lancée en novembre 2009 ?
L’architecture de solutions EcoStruxure comporte en fait deux dimensions, l’une technologique, la seconde orientée services, avec le software comme dénominateur commun. Les applications de nos différents domaines d’expertise (distribution électrique, centre de données, processus et machines, contrôle des bâtiments et sécurité) partagent désormais cette architecture ouverte, basée sur les services Web et les réseaux IP. Intégrer un compteur de fluide énergétique à l’une de nos solutions devient presque plug&play. Après une phase exploratoire (de fin 2009 à mi-2010), 2011 est l’année de la mise en œuvre de l’architecture EcoStruxure.
Vous tendez à rendre accessibles vos solutions en mode SaaS. Le logiciel en tant que service (Software as a Service) est-il bien accepté par vos clients ?
C’est une forte tendance chez Schneider Electric. Dans notre division IT, je citerais la solution ISX (InfraStruXure). Elle permet, en ligne, de modéliser l’urbanisation d’un datacenter, de réaliser sa simulation thermique, puis de superviser en temps réel ses opérations. Cette approche d’une solution complète et intégrée accessible sur Internet est un véritable atout différenciateur. Au point que nous voulons la reproduire dans le domaine de la gestion de l’énergie des bâtiments en nous appuyant sur la plate-forme de Vizelia (société que nous avons rachetée fin 2010), qui implémente déjà le modèle de données BIM (Building Information Model).
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