Cool roof : des rêvetements innovants pour rafraîchir les villes
par | 22.06.11

Des toits blancs dans les villes ? Sur le pourtour méditerranéen, la technique est ancestrale. Aujourd’hui, le dispositif gagne de grandes métropoles comme New York ou Chicago qui peinturlurent les toits de leurs bâtiments pour réfléchir les rayons du soleil. Cette technique dite de « cool roof » ou « cool paint » permettrait de diminuer de 30 % les besoins en climatisation.
Des techniques palliatives pour réduire les consommations
Aujourd’hui, dans certains endroits du globe comme la Californie, les pics de consommation énergétique n’affolent pas les énergéticiens qu’en hiver. Les autorités locales conseillent donc fortement à leurs administrés d’adopter des techniques palliatives pour diminuer ces charges. « 50 % de l’énergie accumulée en ville vient des échanges de chaleur entre les surfaces de la ville et l’air. Si on arrive à traiter les surfaces, on va impacter directement les températures de l’air » explique Francis Allard, directeur du Leptiab (Laboratoire d’Étude des Phénomènes de Transfert et de l’Instantanéité : Agro-industrie et Bâtiment). A l’instar des toits et murs végétalisés, les « cool roofs » ou « cool paints » permettent de diminuer jusqu’à 30 % les besoins en refroidissement des bâtiments. Ces toitures fraîches se caractérisent par leur haute réflectivité solaire permettant de réduire le transfert de chaleur vers le bâtiment. L’inconvénient majeur ? Les cool roofs réfléchissent la chaleur du soleil été comme hiver, même si « dans tous les cas l’effet positif sur l’été est toujours supérieur à l’effet négatif sur l’hiver ». Une étude américaine menée sur 30 villes a ainsi montré que la limitation des charges électriques pour la climatisation en été atteint 30 kWh/m2/an, contre 10kwH/m2/an d’accroissement des charges de chauffage en hiver.

Schéma du Cool Roof - Soprema
Une nouvelle membrane assurant étanchéité et protection
En France, l’entreprise alsacienne Soprema, spécialisée dans les membranes d’étanchéité vient de lancer Soprastar, une nouvelle membrane réfléchissante permettant de limiter les températures des toitures à 28°C, contre 70°C pour une protection classique. « Du fait de ses propriétés radiatives, cette membrane chauffée au soleil sera moins soumise à des écarts de température, donc sa durabilité sera augmentée de manière significative ». Déjà répandue aux Etats-Unis, la technique devrait se diffuser massivement en Europe grâce au lancement imminent de l’European Cool Roof Council. Une institution qui labellisera les produits et permettra de diffuser la technique au niveau européen. « Dans un certain nombre de climats français, cette technique permet d’éviter le recours à la climatisation. » ajoute Francis Allard. Même si le directeur du Leptiab avoue que la technique la plus efficace resterait encore d’ « enlever des maisons pour mettre des arbres ». Une politique de « trames vertes » qui s’avère aujourd’hui très difficile à mettre en place dans les grands centres urbains. Avis aux urbanistes en herbe.
L’îlot de chaleur urbain, un phénomène universel
L’urbanisation croissante conduit aujourd’hui à des villes de plus en plus denses qui concentrent des quantités de chaleur phénoménales en été. « Dans les villes les plus touchées, il n’est pas rare d’observer des écarts de température de plus de 10 °C entre le centre et la périphérie », expose Francis Allard. Les îlots de chaleur urbains sont le résultat d’un cocktail explosif entre la pollution urbaine, l’augmentation des températures estivales et la forte consommation d’énergie nécessaire pour refroidir les bâtiments.
En savoir plus : Le Leptiab axe ses recherches sur le bâtiment à faible demande énergétique (29.10.10)
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