Les recettes du succès de l’éclosion de start-ups dans la « Cleantech Valley »
par | 12.07.11

Située en Californie, état doté de la politique contre le changement climatique la plus ambitieuse des Etats-Unis, la Silicon Valley s’est naturellement diversifiée depuis quelques années dans les technologies propres. Au point de rebaptiser la région : la « Cleantech Valley ».
Le journaliste Michael Kanellos, rédacteur en chef de Greentech Media, s’interrogeait récemment sur les facteurs qui permettent de transformer un territoire en un centre des « cleantechs » rayonnant sur le reste du monde, et produisant chaque année son lot de start-ups innovantes. Il invoquait notamment le bon transfert de la recherche produite par les universités. L’écosystème de la baie de San Francisco semble en effet faire ses preuves à chaque étape de transformation d’une découverte scientifique de laboratoire en un produit commercial.
Des experts du networking
Outre l’excellence des chercheurs et des étudiants, notons que la coopération pluridisciplinaire est encouragée à tous les niveaux et crée un environnement propice au « brainstorming ». Citons la Singularity University située sur le site de la NASA dans la Silicon Valley, où des dirigeants d’entreprise, des acteurs politiques et académiques s’y rassemblent pour échanger et ainsi stimuler l’émergence de solutions innovantes pour les problèmes les plus urgents de la planète.
Décrocher des financements
Le tissu d’investisseurs locaux rend la recherche de financements plus facile en Californie que dans d’autres régions du monde. On recense de nombreuses compétitions de « business plans » mettant en relation start-ups naissantes et capital-risqueurs. Le Cleantech Open en est un exemple dans le secteur des éco-technologies. Depuis sa création en 2006, presque 400 équipes ont concouru et ont pu lever plus de 280 millions de dollars de capital privé. 80% des start-ups restent économiquement viables aujourd’hui et plus de 2.000 emplois verts ont été créés.
Mettre les concepts à l’épreuve du marché
Lorsqu’un laboratoire fait une découverte qu’il juge significative, il est important de juger sa valeur réelle par rapport aux alternatives pré-existantes et d’appréhender les marchés les plus appropriés pour cette découverte. C’est l’objectif du programme Biodesign de l’université de Stanford sur le thème de la physique et des sciences de la vie. Et pour les technologies vertes, celui du programme « Cleantech to Market » de l’Université de Berkeley.
Des étudiants brillants réellement considérés
La courbe de développement d’une start-up est caractérisée par plusieurs niveaux de risque selon le stade d’avancement du projet. D’après sa directrice, Beverly Alexander, le programme « Cleantech to Market » (C2M) s’attache à une étape périlleuse souvent négligée : mettre les concepts à l’épreuve. Vendredi 6 mai s’est tenue à Berkeley la présentation des résultats de la deuxième édition de C2M.
Le travail des étudiants permettent aux chercheurs de lever des verrous
Des équipes de quatre étudiants de niveau master, thèse ou MBA sont constituées. L’objectif est d’éprouver une invention fraîchement sortie des laboratoires de la région, souvent du prestigieux Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL). Pendant un semestre de cours, les étudiants travaillent en collaboration avec les scientifiques à l’origine de la découverte et l’appui d’anciens du programme et d’encadrants académiques. Au terme de l’étude, l’équipe livre plusieurs informations : les éléments scientifiques simplifiés de la découverte dont ils ont exploré les opportunités ; les marchés intéressés par cette innovation ; et des recommandations sur les secteurs les plus appropriés pour une entrée sur le marché et l’apport réel de cette solution. Ce processus permet aux chercheurs de bénéficier d’un regard neuf sur leurs travaux et de déceler des verrous.
Le sentiment d’avoir travaillé sur une « vraie » bonne idée
Au final, quand les chercheurs valident leur projet, les étudiants sont convaincus d’avoir travaillé sur une « vraie » bonne idée, ce qui les motive à créer une start-up comme deux participants de l’année dernière. Smart Sense et Imprint Energy sont par exemple nées à la suite de Cleantech to Market 2010. A l’écoute de ces projets, on ne pouvait que se réjouir de la qualité du dialogue entre la recherche et les entreprises. En outre, la valorisation du travail fourni par les étudiants, qui bénéficient d’une réelle considération, est également remarquable. A quand un Cleantech to Market made in France ?
Crédit photo : Lawrence Berkeley National Laboratory
En 2010, les capital-risqueurs de la Silicon Valley ont investi 1,5 Mds$ dans les cleantechs
Répartition par segments des 1,5 Mds$ investis en capital-risque dans les cleantechs en 2010 dans la Silicon Valley - cliquer pour agrandir
En 2010, dans la Silicon Valley, l’investissement en capital-risque dans les technologies propres s’est élevé à 1,5 milliards de dollars. A titre de comparaison, cette même année, les investissements globaux dans les cleantechs (pas exclusivement ceux engagés par les capital-risqueurs) ont atteint 34 milliards de dollars aux Etats-Unis, et 54,4 milliards de dollars en Chine.
Bio express de l’auteur
Pauline Caumon est Attaché Adjoint pour la Science et la Technologie au consulat général de France à San Francisco. Elle travaille sur les technologies propres, en particulier sur l’énergie solaire et le stockage d’énergie. Elle contribue notamment au site « French Science SF ».
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Pauline Caumon est Attaché Adjoint pour la Science et la Technologie au consulat général de France à San Francisco. Elle travaille sur les technologies propres, en particulier sur l’énergie solaire et le stockage d’énergie. Elle contribue notamment au site 












