
Un navire récupérateur d’énergie des vagues. C’est ce concept original qu’ont présenté André Sharon de la Boston University et des chercheurs du Fraunhofer Center for Manufacturing lors de la dernière conférence Clean Energy, en juin 2011 à Boston. Un projet qui a pour but de réduire les coûts de production de l’électricité en mer par rapport aux moyens houlomoteurs habituels. Il s’agirait donc d’aller chercher l’énergie des vagues sans installer de structure de production fixe de type parc houlomoteur, mais uniquement des structures de production mobiles constituées par une flottille de navires.
Un concept qui dispose de nombreux avantages
Cette idée de navires pêcheurs d’énergie des vagues - relayée par un article paru dans The New Scientist du 14 juillet 2011 - n’est pas seulement poétique ! Le fait d’envoyer une flotte de navires au milieu de l’océan - là où ils n’auraient plus qu’à jeter l’ancre et à commencer à exploiter l’énergie des vagues qui les entourent - pourrait se révéler extrêmement rentable. D’autant que l’énergie houlomotrice offshore ainsi « récoltée » serait stockée dans des batteries embarquées. Une fois le navire entièrement chargé d’énergie, il reviendrait au port où l’énergie pourrait être distribuée sur le réseau en fonction des besoins. Un certain nombre de défis technologiques restent cependant encore à relever pour voir un jour prochain ces navires de pêche rentrant au port pleins de l’énergie des vagues. Il n’en demeure pas moins qu’entre autres avantages par rapport aux technologies existantes en mer aujourd’hui (éolien offshore, houlomoteur, hydrolien) ce concept permettrait d’en finir avec les kilomètres de câbles de transmission indispensables pour acheminer l’électricité produite de la mer vers le continent. Des câbles dont le coût ($ 500 000 du kilomètre selon The New Scientist) pèse évidemment lourd sur la facture énergétique renouvelable.
Une électricité à 0,15 $ du kWh
Selon les chercheurs, ces navires se présenteraient sous la forme de barges de 50 mètres de long sur lesquelles serait attachées, le long de bras pivotants, des batterie de bouées houlomotrices. Le fonctionnement est simple : alors que la coque reste relativement stable, les bouées elles, suivent le mouvement ascendant et descendant de vagues, provoquant un pivotement régulier du bras d’avant en arrière. Ce pivotement est suffisant pour actionner un générateur qui pourrait produire jusqu’à 1MW. Les batteries sont prévues pour avoir une capacité de 20 MW/heure, ce qui signifie que, pour faire le plein d’électricité, le navire devrait rester en mer un peu plus de 20 heures. L’idée est de produire une électricité à 0,15 $ du kWh. Soit beaucoup moins cher que l’énergie produite à partir de la technologie houlomotrice habituelle dont le coût est estimé, aux USA, entre 0,30 $ et 0,65 $ du kWh.
Compenser les pics de demande électrique
Les chercheurs ne disent pas si le coût qu’ils projettent prend en compte la question du mode de propulsion des navires. Un mode de propulsion à voiles plutôt qu’utilisant du fuel ou hybride fuel/voiles pourrait être envisagé. Toujours est-il que selon Mark Jacobson, directeur du programme « atmosphère et énergie » à la Stanford University de Palo Alto, il s’agit là d’une idée « très créative » et pas du tout utopique. Notamment si l’on considère que ces modes d’alimentation par stockage d’électricité en batteries sont très utiles en cas de pic de demande ou de défaut de demande. Il fait remarquer que ce n’est pas le cas pour certaines sources d’électricité renouvelable dont le principal défaut est de devoir être consommé immédiatement sans possibilité de stockage.
Article source : Les énergies de la mer
Bio express de l’auteur
Francis Rousseau est rédacteur en chef du blog des énergies de la mer édité par 3B Conseils. Ce support assure une veille internationale d’informations sur la chaîne énergétique renouvelable liée à la mer.
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