
Sur le papier, l’idée pourrait sembler d’une étonnante banalité : remplacer les taxis ronflants et polluants de la capitale par des berlines électriques. Dans les faits, le concept se heurtait jusqu’à présent à la structure du marché parisien du taxi. « Les chauffeurs sont aujourd’hui à 90% des indépendants. Ils ont déjà des contraintes très fortes. Il y avait donc peu de chances qu’ils s’amusent seuls à essuyer les plâtres de l’électrique », explique Mathieu Gardies, co-fondateur de la société STEP (Société du taxi électrique parisien). Pour pousser le secteur à faire sa « mue » écologique, Step lancera donc - entre la fin 2011 et le début 2012 - une flotte de taxis 100% électriques à l’assaut des artères parisiennes. Plus précisément 200 Citroën « C-Zéro » pilotées par des chauffeurs salariés, une petite révolution dans le milieu.
Des bornes de charge rapide réparties dans la capitale
En amont du lancement commercial, les deux fondateurs préparent actuellement le chantier de l’infrastructure qui alimentera en électricité leur future flotte. « Un taxi fait au minimum 100 km par jour. Notre problématique n’est donc plus celle de l’autonomie mais de la recharge, précise Mathieu Gardies. Nous avons donc fait le choix de la charge rapide CHAdeMO. C’est un système mature sur un plan technologique et surtout très efficace. En 30 minutes, vous récupérez près de 80% de la charge. » Step prévoit d’implanter rapidement près d’une centaine de bornes 50 KW sur une quarantaine de sites répartis dans toute la capitale. Des équipements qui seront installés dans des zones privées (parkings d’entreprises…) et notamment quatre gares parisiennes grâce un partenariat avec la SNCF. « Les gares sont des endroits bien situées dans Paris et où on peut capter un important flux de clients. La première équipée sera Austerlitz. A terme, elle devrait accueillir une dizaine de bornes ».

C-Zero/Step devant l'Hôtel de Ville de Paris
Une centrale informatique « maison » pour gérer la flotte
Cette imposante infrastructure de recharge ne suffira pourtant pas à la réussite « technique » de la nouvelle compagnie. Elle devra en en effet être couplée à une centrale informatique de gestion de la flotte. Sa mission ? Optimiser les chargements des véhicules en évitant, à tout prix, la panne sèche. « Nous sommes sur un environnement de contraintes maximum. Sur certaines courses, nous ne connaîtrons ni le lieu d’arrivée ni celui de départ. » En pratique, le chauffeur récupérera son véhicule entièrement chargé en début de service. Le logiciel lui indiquera ensuite , tout au long de la journée, quand il doit procéder à des recharges pour ne pas passer en dessous de son coussin de sécurité. C’est-à-dire l’énergie minimum pour réaliser la plus longue course possible dans Paris intramuros. Ce système intelligent disposera également d’un joker humain. « Si jamais un de nos taxis franchit son coussin de sécurité, nous pouvons le mettre hors service provisoirement. » A condition de ne pas dépasser le quota réglementaire de deux coupures de lumineux par service.
La réglementation, un problème de taille
Avec une flotte de quelque 200 véhicules sur un parc de plus de 16 000 taxis à Paris, la naissance de Step pourrait sembler quasi-anecdotique. Elle représente pourtant un investissement conséquent sur le secteur puisqu’une « plaque » de taxi parisien se rachète aujourd’hui près de 200 000 euros. Une raison qui explique peut-être la défiance de la concurrence à laisser les taxis verts envahir Paris. Certains professionnels reprochent notamment à Step d’utiliser des modèles ne répondant pas aux standards réglementaires du taxi parisien (4,20 mètres de long et coffre de 400 litres). Une Commission des Taxis présidée par le préfet de police de Paris devrait ainsi statuer, en septembre, sur l’obtention d’une dérogation temporaire à Step sur ce point précis. Pour le client, en revanche, rien ne changera. Le prix de la course restera ainsi identique à celle d’un véhicule thermique. Step Taxi !
Step en bref
- Dénomination : Société du Taxi Electrique Parisien (Step)
- Création : 2009
- Fondateurs : Mathieu Gardies et Frédéric Louvard
- Levée de fonds : automne 2011 - montant non communiqué
- Lancement commercial : fin 2011 - début 2012
- Consortium pour le développement de la centrale de gestion de la flotte : ENPC, Nexyad, Mediamobile (spécialiste de l’info trafic), Aspectize
- Partenaires : SNCF (Gares et Connexions), le Groupe PSA, le soutien de la Mairie de Paris et de la Région Ile de France.
- Budget de l’infrastructure de recharge : 3,25 M€
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Moto taxi à Paris | 26.09.11 à 12.40
Le concept est génial.
Bon courage aux créateurs, le lobby des taxis parisiens est fort, les moto taxis peuvent en témoigner.