Saint-Louis s’apprête à inaugurer une centrale de cogénération biomasse
par | 21.09.11

Bas Carbone 21. Avec ce projet au nom évocateur, la société EBM Thermique va renouveler la conception du réseau de chaleur urbain de la ville alsacienne de Saint-Louis (68) qui sera désormais alimenté par une centrale à biomasse. Le projet revêt un volet pédagogique pour permettre à terme de diminuer la facture énergétique des habitants de 30 %

Hervé Lamorlette
La proposition d’EBM Thermique - qui succède à Dalkia - est basée sur la construction d’une chaufferie biomasse qui alimentera les quelques 3 000 logements et bâtiments reliés au réseau urbain. La centrale produira à la fois de l’électricité (28 000 MWh par an, soit l’équivalent de la consommation des 10 000 logements que compte la ville) et de l’eau chaude, grâce à une chaudière dite « à lit fluidifié » venant de scandinavie. Les atouts de cette machine inédite en France ? Pouvoir avaler n’importe quelle matière, contenant jusqu’à 50 % d’humidité, comme du bois souillé.
Contrairement aux centrales à biomasse traditionnelles, l’humidité sera même un atout supplémentaire : les fumées de la cogénération seront en effet valorisées, et pas seulement traitées. Un dispositif qui limitera les pollutions et permettra également de récupérer jusqu’à 4 MW de chaleur gratuite à réinjectérdans le réseau. « En été on pourrait ainsi fabriquer toute la chaleur nécessaire à la production d’eau chaude sanitaire des clients, juste en condensant les fumées », explique Hervé Lamorlette, directeur général de la filiale d’EBM Thermique en France. Une innovation indispensable pour parvenir à tenir l’engagement d’une augmentation de rendement de 5 % à terme par rapport au système actuel. Sachant qu’avec un coût d’environ 17 millions d’euros, la nouvelle chaufferie dépasse tout de même de 15 % le budget habituel d’une installation classique.
Utiliser des déchets de bois mais aussi de maïs
Autre point fort développé par le nouveau prestataire : la diversification des sources d’approvisionnement. « L’idée du projet est de travailler sur la biomasse la moins noble, la plus disponible et la plus locale possible ». Au menu, déchets de l’exploitation forestière mais également rafles de maïs qui restaient jusqu’ici sur les bras des agriculteurs une fois leurs grains vendus. L’Alsace - deuxième producteur français de maïs - qui dispose d’un gisement annuel de 10 000 tonnes trouvant ainsi un débouché à ce déchet agricole au pouvoir calorifique supérieur à celui du bois.
Autre gros chantier d’EBM Thermique, qui gère déjà 150 réseaux de chaleur en Suisse : l’installation de pompes à débit variable dans toutes les sous-stations du réseau, afin d’éviter de faire circuler de l’eau chaude dans les tuyaux lorsque les usagers n’en ont pas besoin. Chacune de ces sous-stations sera équipée d’un compteur permettant de réaliser un pilotage à distance des consommations. A l’aide de ce dispositif, les clients pourront recevoir des alertes en cas de dérive anormale de leur consommation. L’ambition ? Faire baisser leur facture énergétique de 30 %.

Communication et sensibilisation
Le projet Bas Carbone 21 ne se limitera pas seulement à la construction d’une centrale innovante. Des salariés d’EBM Thermique interviendront par exemple auprès des scolaires sur les questions d’énergies renouvelables. L’entreprise - qui est une coopérative de droit privé - a par ailleurs mis en place en 2010 un fonds énergétique de plus de 800 000 euros pour aider ses clients à isoler leurs logements et réaliser des audits de leur installation.
Crédits photos : Architectes Braesch et Bottazzi
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