Alcimed distingue les innovations les plus prometteuses de la chimie verte
par | 19.10.11

Afin de célébrer la mise à l’honneur de la chimie en 2011 par l’UNESCO, la société de conseil Alcimed a dévoilé, aujourd’hui, une sélection des dix produits de la chimie les plus innovants de ces derniers mois. Des applications industrielles qui intègrent, pour beaucoup, l’univers des cleantech. Sept des dix innovations distinguées disposent ainsi directement d’une dimension « durable ». Revue d’effectif.
- L’aérogel
- L’impression jet d’encre photovoltaïque
- Les OLED
- Le recyclage des matériaux
- Les batteries solides en polymère ou céramique
- Les solvants verts
- La photocatalyse
L’aérogel de la société américaine Cabot, commercialisé sous la marque Nanogel, est à ce jour un des meilleurs matériaux isolants thermiques. Cet aérogel permet de répondre enfin aux nouvelles exigences environnementales du bâtiment, à savoir une haute isolation thermique et une diminution importante de la consommation énergétique associée. En plus d’une propriété isolante exceptionnelle, la structure unique des aérogels, qui sont composés de 98% d’air, leur confère un aspect translucide, avantage esthétique non négligeable. Les aérogels peuvent être utilisés dans de nombreuses applications allant des systèmes de transport et de stockage cryogéniques aux revêtements isolants pour l’industrie du bâtiment. Les ruptures dans les modes de production notamment dans les produits de grande consommation.
2 - L’impression jet d’encre photovoltaïque
La rencontre de la technologie photovoltaïque avec l’impression jet d’encre assure la réduction non seulement des coûts de production mais aussi des déchets générés par la fabrication. La société Konarka, à l’origine de cette innovation, fournit déjà des rouleaux plastiques photovoltaïques à coller sur une surface. Le succès est au rendez-vous avec l’installation à San Francisco de 300 arrêts de bus équipés de toiture plastique photovoltaïque translucide. L’énergie collectée alimente ainsi l’éclairage et la couverture Wifi pour les passagers.
L’impression jet d’encre photovoltaïque promet aujourd’hui une réduction spectaculaire de 90% de la quantité de matériau utilisé. Ceci est rendu possible grâce à l’association avec l’encre issue des laboratoires chimiques de Konarka qui est à base de chalcopyrite, une espèce minérale conductrice d’électricité qui capte 25 à 50 fois plus d’énergie solaire que le silicium. Enfin, la réduction des coûts associée impactera fortement le domaine de la construction et du grand public en rendant possible l’intégration directe des cellules photovoltaïques dans les matériaux de toiture.
Les OLED sont amenées à remplacer les technologies classiques d’affichage grâce à la qualité inédite d’image associée à une réduction majeure de la consommation électrique. La chimie de l’organique face au minéral des OLED ouvre la voie à des technologies de production par impression à bas coût. Saint-Gobain développe des substrats à couches en verre possédant une électrode transparente extrêmement conductrice spécialement conçus pour optimiser les performances électriques et optiques des OLED, dans le but d’accélérer l’émergence de cette technologie pour le grand public.
L’utilisation d’écrans organiques OLED dont le fonctionnement par électroluminescence ne nécessite pas de rétroéclairage, réduit drastiquement leur épaisseur et la consommation d’énergie. Cette performance au niveau matériau polymère conducteur permet même de produire des affichages souples. Les OLED envahissent la grande consommation comme les smartphones à écran OLED tactile, les écrans TV et aussi l’éclairage intérieur sous forme de papier peint lumineux à OLED intégré.
4 - Le recyclage des matériaux
Le recyclage des matériaux composites est devenu crucial dans l’industrie du transport. Ceux-ci étant en effet constitués d’au moins deux éléments différents (résine, fibre, etc.), leur traitement final se révèle extrêmement complexe. Cette forte tendance se traduit par le montage de projets tels que RECCO (REcycling Carbon fiber reinforced COmposite) qui a pour but de développer à un stade industriel le traitement des déchets de CFRC (Carbon Fiber Reinforced Composites).
La société Innoveox a également développé une technique extraordinaire de traitement utilisant des fluides supercritiques. Cette technologie permet de transformer tous les déchets sous forme d’eau, de CO2 et de minéraux. Cela apporte enfin une perspective nouvelle au recyclage des déchets de l’industrie du transport, en particulier l’aéronautique et l’automobile.
5 - Les batteries solides en polymère ou céramique
Les batteries solides en polymère ou céramique telles que celles de Bolloré ou de Li-Tec sont plus sûres et ont plus d’autonomie que les batteries lithium-ion classiques. Elles permettent d’offrir à la voiture électrique des performances essentielles à son essor. Les chimistes ne sont pas en reste, notamment Arkéma qui a donné naissance à des polymères particuliers (PVDF Kynar) qui améliorent les performances des batteries lithium polymères. D’autres innovations sont très attendues dans les prochaines années, en particulier les batteries lithium air qui apporteront une densité énergétique très élevée de l’ordre de 1700 à 2400 Wh/kg assurant au moins 10 fois plus d’autonomie que les technologies actuelles.
Les solvants verts permettront de promouvoir le respect de l’environnement dans un monde industriel fortement consommateur de produits nocifs. Rhodia a récemment été récompensé par le prix Pierre Potier pour son solvant écologique oxygéné Rhodiasolv® IRIS. Ce dernier est biodégradable, non inflammable et non toxique.
Le remplacement des « solvants classiques » par des « solvants verts » s’inscrit au cœur du développement durable. L’objectif numéro 1 est de continuer à réduire l’émission de produits nocifs comme les COV (Composés Organiques Volatiles), néfastes pour la santé et l’environnement, et de trouver des substituts aux produits dérivés du pétrole. Les solvants verts trouvent des applications variées, allant du nettoyage industriel, au revêtement, à la formulation de résine en passant par le décapage de peinture.
La photocatalyse, connue depuis de nombreuses années, investit enfin les marchés grands publics et apporte avec elle son lot d’innovations. En effet, l’entreprise Biowind a développé un appareil performant de purification de l’air qui dégrade une large gamme de composés chimiques et microbiologiques et n’utilise ni ne génère de composés nocifs.
De son côté, la société Nanofrance Technologies a développé et distribue sous la marque Photocoal des revêtements transparents, intelligents et actifs qui se pulvérisent sur toutes surfaces et sont capables de détruire pendant plusieurs années jusqu’à 99,9% des polluants organiques entrant à leur contact. Ces innovations ont eu lieu grâce à Dupont Titanium Technologies, producteur mondial numéro 1 de TiO2, élément clé du phénomène de photocatalyse. Dès aujourd’hui, ces produits permettent de répondre efficacement à la demande croissante du grand public en matière de qualité de l’air.
Source : Alcimed













