PhotoFuel, des matériaux innovants pour mieux convertir la lumière du soleil
par | 24.10.11

« Photoniques ». Au-delà d’être un excellent exercice d’articulation, ce terme désigne les matériaux capables de moduler le spectre solaire pour améliorer l’efficacité des technologies de conversion énergétique du soleil. Un secteur de marché sur laquelle souhaite s’imposer PhotoFuel. Créée en 2009, cette start-up française développe des films, plaques et tubes plastiques destinés aux marchés du photovoltaïque, des microalgues ou bien encore des serres agricoles. Sa promesse : l’augmentation très significative des rendements ; de + 4% pour les panneaux cSi classiques à + 30 % pour certains types de panneaux et systèmes photosynthétiques.
Modifier la lumière solaire avant conversion

Démonstrateur - PhotoFuel
Sur quoi repose un tel « dopage » ? Pour le comprendre, une petite révision s’impose. « La lumière solaire est à large spectre, avec une large gamme de longueurs d’ondes (ndlr : énergies). L’efficacité de la conversion de cette lumière en énergie électrique (ndlr : photovoltaïque) ou en biomasse (ndlr : photosynthèse) est sensible au spectre incident, ainsi qu’à d’autres paramètres explique Julien Sylvestre, CEO de PhotoFuel. Notre idée consiste donc à modifier la lumière solaire avant conversion, et notamment à en changer la couleur par photoluminescence, pour améliorer les rendements. » Une modification rendue possible par le biais de films, plaques et tubes plastiques colorés.
Grand avantage de cette technique : les produits développés par PhotoFuel seraient facilement intégrables aux systèmes existants. « Nous modifions l’emballage interne des cellules, pas les cellules elles-mêmes, ni les procédés établis de fabrication de panneaux. Le seul détail visible c’est la couleur du panneau qui peut changer. » La couleur, mais aussi le prix. Un module ainsi équipé nécessiterait en effet moins de cellules solaires – et donc de silicium – qu’un panneau « classique ». De quoi faire baisser sensiblement son prix sur l’étiquette.
Les premiers produits disponibles d’ici 12 à 24 mois
A l’origine, les fondateurs de PhotoFuel destinaient plutôt leur technologie à la production de biocarburants, notamment à base d’algues. Une application pour laquelle la société est d’ailleurs toujours en phase de R&D. Jugés plus matures, les marchés du photovoltaïque et des serres sont, depuis, devenus les priorités commerciales de la start-up. « Nous pensons pouvoir passer assez vite au stade industriel. Les premiers produits pour l’agriculture sous serre et pour le photovoltaïque devraient ainsi être disponibles d’ici 12 à 24 mois », prévoit Julien Sylvestre.
Sous forme de licence technologique ou en vente directe ? Pour l’instant, PhotoFuel refuse de trancher. En fonction des applications, ses dirigeants envisagent en effet de vendre soit des « additifs », soit des solutions complètes de conversion. « Nous estimons que le marché de l’encapsulant pour le photovoltaïque pèsera 1 milliard d’euros en 2013 [...]. Le potentiel pour l’agriculture est aussi très important. On compte aujourd’hui près d’un million d’hectares de serres agricoles dans le monde. » Autant dire qu’il semble grand temps de s’entraîner à la prononciation de « photoniques ».
PhotoFuel en bref…
- Création : 2009
- Effectif : 3 personnes
- Partenaires : Centre Francilien de l’Innovation (CFI), Optitec, Tennerdis, Capenergie, Imperial College London (R&D)
- Lancement de préséries industrielles : janvier 2011
- Levée de fonds : plus de 600 000 euros - juillet 2011
- Objectifs de chiffre d’affaires : n.c
- En savoir plus : Mieux tirer parti de l’énergie solaire (La Jaune et la Rouge - Septembre 2011 - Thomas Coquil)
Sur le même thème : Agriculture, biocarburant, énergie solaire, microalgue, photonique, photovoltaïque, Solaire, start-up















