
Proposer une vision collective pour l’avenir de la filière photovoltaïque en France. C’était l’objectif des 12 organisations représentées, jeudi à Paris, à l’occasion des Etats Généraux du Solaire Photovoltaïque (EGS-PV). Entamé en avril, leur réflexion se concrétise cet automne avec une revendication ambitieuse : 20 GW photovoltaïque d’ici 2020 en France. Une doléance qui s’adresse plus aux futurs candidats à la présidentielle qu’à l’actuel gouvernement. Ce dernier a en effet déjà annoncé qu’il n’envisageait pas de modifier le cadre légal de soutien à l’énergie solaire avant mai prochain.
100 000 emplois d’ici 2020
Argument principal du collectif : l’emploi. Les 12 organisations estiment en effet qu’un objectif national de 20 GW en 2020 – contre les 5,4 GW prévus - permettrait de créer près de 100 000 emplois dans la filière photovoltaïque française. Un scénario basé sur l’étude des marchés voisins (Allemagne…) et qui intègre la perspective de parité de l’électricité photovoltaïque en 2016 (lire l’article) ainsi que la généralisation des bâtiments neufs à énergie positive à partir de 2020. « Nous ne demandons pas une dépense, nous demandons un investissement précise Richard Loyen, Délégué général d’Enerplan. Notre vision est raisonnable parce que peu coûteuse ». Mais pas neutre financièrement non plus. Les Etats Généraux mesurent ainsi l’effort public supplémentaire à près de 800 millions d’euros par an d’ici 2020. Une somme qui s’ajouterait donc au 1,2 milliard d’euros annuel déjà budgété par l’Etat sur cette même période.
Quatre axes de proposition
Au-delà du chiffrage, les participants Etats Généraux avancent quatre axes de propositions pour doper l’énergie photovoltaïque en France. D’abord la mise en place d’une nouvelle politique de réglementation du photovoltaïque, incluant la suppression des appels d’offres et la bonification de l’autoconsommation. Le second volet de leurs desideratas porte sur le soutien à l’industrie. Il est notamment question de mesures d’aides à l’export ou de la mise en avant du label AQPV. Enfin, le collectif souhaite une modernisation du réseau électrique national et une simplification des procédures administratives liées à l’énergie solaire. « Nous proposons de sortir de la nécrose annonce Loïc de Poix, président de l’AIPF (Association des Industriels du Photovoltaïque Français). Notre démarche vise à remettre la France dans la compétition européenne. » Avis aux présidentiables : après le moratoire, la filière photovoltaïque s’invite dans l’isoloir.
Etats Généraux du Solaire Photovoltaïque : AIPF, APESI, CAPEB, CLER, ENERPLAN, EPIA, FNCCR, Think-Tank FTS, GIMELEC, GMPV-FFB, SERCE, SER-SOLER.
France Territoire Solaire, un think tank de l’énergie photovoltaïque
Indépendant et complémentaire aux Etats Généraux du Solaire Photovoltaïque, le think tank France Territoire Solaire (FTS) a pour objectif « de produire des propositions de politiques publiques pour contribuer au développement de l’énergie solaire en France et de fournir régulièrement des données chiffrées sur le secteur photovoltaïque pour alimenter la réflexion publique ». D’ici la fin de l’année, France Territoire Solaire lancera ainsi - en partenariat avec le cabinet de conseil Kurt Salmon – un Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque en France. A noter que c’est Daniel Bour (Président de Sunnco) qui assurera la présidence du think tank pendant sa première année d’existence.
Sur le même thème : Emploi, énergie solaire, Enerplan, gouvernement, industriel, Marché, photovoltaïque, présidentielle, solaire photovoltaïque














ben | 7.11.11 à 17.29
BIen que le domaine des energies renouvellables reste encore une énigme pour beaucoup de gens, il est bon de voir qu’il tend à se démocratiser, à se donner la peine de montrer sa valeur.
Ben