Flipwing, une hydrolienne conçue pour tirer parti des faibles courants
par | 03.11.11

Pendant que les villes françaises s’interrogent aujourd’hui sur le potentiel énergétique de leurs fleuves, outre-Atlantique, l’entreprise américaine Hydrovolts développe une hydrolienne adaptée à des effluents encore plus confidentiels : canaux d’irrigation, déversoirs de barrages ou encore les stations d’épuration.
Des pales articulées reliées à un axe central
« Notre objectif est de pouvoir exploiter des courants de faible vitesse avec une exigence minimum de deux mètres par seconde », explique Eli Lamb, Directeur Général d’Hydrovolts. En pratique, son hydrolienne Flipwing se distingue par l’usage de pales articulées qui s’activent contre un axe central au gré de l’écoulement du courant. Ce mouvement entraîne alors la rotation d’un rotor et donc la production d’énergie (voir animation ci-dessous). En cours d’homologation, ce système d’axe à rotation horizontal offrirait un meilleur rendement qu’une turbine à axes parallèles. Même si, pour assurer ses arrières et s’adapter à tous les milieux (comme les chutes d’eau par exemple), Hydrovolts n’exclut pas de commercialiser à l’avenir des modèles plus traditionnels. D’une puissance d’un à dix kW, les différents modèles de Flipwing pourront être raccordés au réseau ou à une installation locale autonome.
Animation de démonstration - Flipwing
Une réglementation plus souple
A ceux qui trouveraient une telle performance faiblarde, Eli Lamb rétorque que cette énergie est plus stable que celle du vent ou du soleil. Et surtout qu’elle est quasiment infinie à l’échelle de la planète. « Il y a des canaux partout dans le monde. Il a été démontré que cette technologie pouvait fournir autant d’énergie dans la seule région du Nord Ouest des Etats-Unis que l’ensemble des barrages installés dans le pays ». Le dirigeant met également en avant la souplesse de la réglementation. « Sur les voies d’eau construites par les hommes, aucun permis de construction n’est nécessaire et les autorisations sont moins nombreuses à demander ». Hydrovolts teste ainsi actuellement ses différents modèles dans un canal et une station de traitement des eaux usées de l’Etat de Washington.
4000 $ le kW
Fabriquées localement, les premières productions sont prévues pour avril 2012. Cœur de cible : les opérateurs de canaux d’irrigation et de stations de traitement des eaux usées, publics ou privés. Des usagers qui devront débourser entre 3 et 4 000 $ (2 200 à 2 900 euros) par kW. Un tarif qui n’est pas complètement déterminé puisque « les règlements varient d’un Etat à l’autre et d’une compagnie d’électricité à l’autre, ce qui complique notre stratégie de déploiement ». Eli Lamb assure néanmoins qu’« au coût actuel de l’électricité aux Etats-Unis, nos clients auront un retour sur investissement de 5 à 6 ans ». Du côté du carnet de commandes, l’entreprise semble sereine, avec déjà des demandes émanant de 43 pays différents. Dont un premier gros client en Inde, mais aussi des discussions avec des distributeurs potentiels français.
Hydrovolts en bref
- Création : 2009
- Siège social : Seattle (Etat de Washington)
- Effectif : 20 salariés
- Objectifs de vente : n.c.
- Potentiel : 1,3 milliard $ dans le seul ouest américain
- Levée de fonds : 1,3 million $ (août 2011)
- Modèles d’hydroliennes : Class 1 (0,05 à 1 kW), Class 2 (1 à 5 kW), Class 3 (5 à 10 kW), turbines pour chutes d’eau (0,1 à 10 kW)
Sur le même thème : Energie, énergies renouvelables, génération d'énergie, hydrolienne














Nathalie Mettling | 3.11.11 à 23.22
Je souhaite beaucoup de réussite à Hydrovolts (start-up lauréate du concours “Imagine H2O” 2010) sur le marché français !