Aux Etats-Unis, 2011 aura marqué un tournant pour la « Demand Response »
par | 04.11.11

D’après un rapport du Pike Research Institute, une forte croissance du secteur de la « Demand Response » serait à prévoir à l’horizon 2013. Selon un scenario « modéré », le marché pourrait passer de 1,4 milliard de dollars en 2010 à 8,2 milliards de dollars d’ici à 2020 ! Et des événements récents laissent à penser que l’essor de la Demand Response pourrait être encore plus précoce.
Qu’est-ce que la Demand Response ?
Le coût de production de l’électricité n’est pas constant, car le courant est un bien qui se stocke difficilement. Résultat : la production électrique doit égaler en permanence la consommation. Lors des périodes d’intense utilisation d’électricité par une population, il est alors nécessaire de faire appel à des centrales, qui ne servent que quelques heures par an, pour permettre l’égalité consommation-production à chaque instant. En Californie par exemple, 10 GW restent inexploités pendant 96% du temps et servent uniquement durant les pics de consommation de l’été.
Pour pallier ce problème, deux solutions principales sont envisagées : soit améliorer les technologies de stockage d’énergie, soit faire du pilotage de charge, en anglais « Demand Response ». C’est une stratégie de gestion du réseau par laquelle les consommateurs modifient leur façon de consommer l’électricité en réponse à un signal économique traduisant les coûts instantanés de production.
Un outil qui permet d’éviter le black out
L’importance de la Demand Response a été démontrée cet été lors des vagues de grande chaleur qui ont frappé les États-Unis, causant des délestages de charge à des niveaux sans précédent. Le 22 juillet dernier, les gestionnaires de réseaux PJM et New York Independent System Operator dans le Nord-Est du pays se sont ainsi délestés de 2300 mégawatts et 1743 mégawatts respectivement. Tandis que dans l’ouest américain, un black out a pu être empêché le 4 juillet lorsque l’Electric Reliability Council of Texas a fait appel à 1150 mégawatts de Demand Response.

Crédit photo : EnerNOC
Ces événements sont pour ainsi dire tombés à pic. Ils viennent appuyer les avancées majeures au niveau de la réglementation qui avaient été décidées plus tôt dans l’année. D’une part, la « Federal Energy Regulatory Commission », qui s’intéresse au sujet depuis plusieurs années, a émis en mars la « décision 745 ». Ce texte oblige maintenant les opérateurs du marché de gros à rémunérer la Demand Response à la même hauteur que celle des capacités de productions d’électricité. Auparavant, les différents marchés de gros des États-Unis, bien qu’interconnectés, compensaient différemment ces services.
D’autre part, le « Green Building Council » des États-Unis a intégré en juillet la Demand Response dans le système LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) de standardisation des bâtiments à haute qualité environnementale.
Deux entreprises leaders
Enfin, si la Demand Response s’impose aujourd’hui dans le réseau électrique, c’est aussi grâce aux entreprises phares du secteur, EnerNOC (dont le nom est une contraction de Energy Network Operations Center - Centre d’opérations de réseau d’énergie) et Comverge, qui ont largement contribué à résoudre les problèmes de réseau de l’été dernier.
En contractant avec plus de 10 700 sites commerciaux, industriels et institutionnels, EnerNOC dispose aujourd’hui de plus de 6650 mégawatts de capacité « dispatchable ». La compagnie a récemment été sélectionnée au Canada pour fournir 150 mégawatts supplémentaires de Demand Response. La société Comverge, qui a misé sur le marché résidentiel, est, quant à elle, en mesure d’agréger plus de 3778 mégawatts dans son portefeuille de clients.
Crédit photos : EnerNOC
Bio express de l’auteur
Pauline Caumon est Attaché Adjoint pour la Science et la Technologie au consulat général de France à San Francisco. Elle travaille sur les technologies propres, en particulier sur l’énergie solaire et le stockage d’énergie. Elle contribue notamment au site « French Science SF ».
Sur le même thème : efficacité énergétique, gestion d'énergie, pilotage de la charge, pilotage du réseau, pilotage énergétique
Pauline Caumon est Attaché Adjoint pour la Science et la Technologie au consulat général de France à San Francisco. Elle travaille sur les technologies propres, en particulier sur l’énergie solaire et le stockage d’énergie. Elle contribue notamment au site 












