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« C’est en travaillant avec l’une des plus grandes entreprises européennes d’éclairage public, que j’ai réalisé l’opportunité qu’il y avait à récupérer l’énergie des passants, plutôt que d’installer des panneaux solaires sur les lampadaires » raconte Laurence Kemball-Cook, fondateur de Pavegen. Nous sommes en 2009 et l’entrepreneur décide donc d’utiliser la piézo-électricité pour développer des dalles urbaines capables de capter l’énergie cinétique des corps en mouvement. « A chaque fois que quelqu’un marche sur l’une de ces dalles, de l’énergie renouvelable est recueillie. La technologie convertit l’énergie cinétique en électricité qui peut être stockée ».
Un système autonome
Principal intérêt du système ? Son autonomie. Les dalles peuvent en effet être indifféremment reliées ou non au réseau électrique. « Chaque pas produit entre 4 et 7 watts, en fonction du poids de la personne », une puissance qui ne pèse pas lourd lorsqu’il s’agit d’éclairer un lampadaire une fois la nuit tombée. Pour parvenir à un résultat satisfaisant, « en fonction du type d’éclairage et du nombre de passants, 5 à 15 dalles sont suffisantes pour accumuler l’énergie nécessaire à éclairer un lampadaire toute une nuit ». Le terrain de prédilection de ces pavés reste donc les lieux urbains les plus courus comme les rues passantes, les hubs de transports, les bureaux, écoles ou centres commerciaux.

Du pneu et du béton recyclé
Afin de peaufiner son image d’entreprise responsable, Pavegen a décidé de concevoir ses dalles à base de pneus de camions recyclés. Le coffrage étant lui réalisé à partir d’un polymère de béton recyclé. Des matériaux « écolos » qui ne compensent pas la faible durée de vie des pavages. Estimée à cinq ans - « en fonction du nombre de pas » - celle-ci s’avère largement inférieure à celles des dalles classiques en granit ou en béton. Autrement dit, si l’innovation britannique peut avoir des vertus pédagogiques comme dispositif d’appoint (rétro-éclairage, alimentation d’un passage piéton…), son bilan carbone peut très rapidement virer au rouge si le site choisi s’avère trop peu fréquenté.
Les Jeux Olympiques : une visibilité mondiale
Pavegen a essuyé les plâtres dans une école du Kent, en Angleterre « où 1 100 élèves passent leur temps à piétiner les dalles depuis huit mois ». A l’automne 2010, à l’occasion d’un festival de musique, 50 000 fêtards se sont défoulés pendant quatre jours sur six dalles exposées à la pluie et « générant suffisamment d’énergie pour recharger 10 000 téléphones portables ». Enfin, courant 2012, Pavegen devrait installer 20 dalles supplémentaires entre le futur stade olympique de Londres et le centre commercial de Westfield Stratford, qui ambitionne de recevoir 30 millions de clients dès sa première année. « L’installation pourrait générer la moitié des besoins du centre pour son éclairage extérieur ». Cantonnées pour l’instant aux événements et aux expérimentations, Pavegen devra démontrer dans les prochaines semaines la durabilité et l’efficacité de ses dalles pour passer à des installations de plus grande échelle.
Pavegen en bref…
- Date de création : 2009
- Fondateur : Laurence Kemball-Cook
- Siège social : Londres (Royaume-Uni)
- Chiffres d’affaires : n.c.
- Prix : n.c.
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