HQE Exploitation, Breeam In-Use, Leed for Existing Building : le choc des certifications
par | 25.11.11

Depuis deux ans, les certifications de l’exploitation connaissent un essor impressionnant. Le « HQE Exploitation » français se voit aujourd’hui concurrencé par le « Breeam In-Use » anglais et le « Leed for Existing Building » américain.
Le Breeam In-Use arrive en France
La certification Breeam In-Use, créée par le BRE (Building Research Establishment) en juillet 2010, est la certification pour les bâtiments en exploitation de référence anglo-saxonne. Longtemps attendu par les professionnels du Green Building français, le Breeam In-Use International sera disponible à l’hiver 2011, afin d’offrir une alternative à la certification française HQE Exploitation. Loin derrière le LEED EB OM (LEED for Existing Building : Operations & Maintenance) déployé sur plus de 1 000 bâtiments, mais zéro en France, le Breeam In-Use présente l’avantage d’avoir une dimension plus européenne avec près de 300 bâtiments certifiés dont 70 % à l’international. Enfin, la certification française arrive en queue avec 44 réalisations en France et zéro à l’international.
Le point commun de ces trois certifications réside dans l’évaluation conjointe de la performance intrinsèque et de la qualité d’exploitation. L’évaluation de la qualité d’utilisation du bâtiment restant optionnelle. A titre d’exemple, le BIU s’évalue distinctement à travers les trois certificats suivants : Asset Rating, le Building Management Rating et l’Organisational Rating. Chacun intégrant un périmètre d’environ huit sous-cibles pondérées en fonction de leur importance : management, énergie, écologie et environnement du bâtiment, pollution, matériaux, déchets, eau, santé et bien être, et enfin transport.
Le BIU, une certification en auto-évaluation
La certification anglo-saxonne, qui s’appuie sur plus de 200 questions à renseigner sur une plate-forme en ligne, est un système d’auto-évaluation. Le processus de certification passe par une phase d’auto-évaluation à la charge du demandeur qui peut la faire réaliser par ses services et/ou un auditeur licencié Breeam In-Use par le BRE.
La seconde phase est une phase d’audit « in situ » nécessairement réalisée par un auditeur licencié indépendant de la structure demandeuse. Ce processus efficace permet d’obtenir une certification en moins de 6 mois, d’autant plus que celle-ci peut porter sur part ou totalité du bâtiment. Elle suit un cycle triennal pour un coût administratif global inférieur à 3 000€.

Des finalités différentes, des caractéristiques différenciantes
La certification HQE Exploitation, basée sur la norme ISO 14001, est une démarche structurante dans la mise en place d’une exploitation performante du bâtiment. Les certifications anglo-saxonnes et américaines, elles, s’inscriront plus dans une logique de notation de la bonne exploitation du bâtiment. D’un point de vue technique, le HQE Exploitation nécessite une bonne qualité intrinsèque du bâtiment tandis que le BIU permettra de faire des impasses sur certains sous-critères quitte à ne pas collecter les points (%). C’est pourquoi le HQE Exploitation est très adapté à des grands actifs construits récemment.
Dans le cas d’un BIU, un bâtiment avec une performance intrinsèque correct peut donc atteindre le niveau Good sur le certificat 1 (Asset Rating) et le niveau Pass sur le certificat 2 (Building Management Rating) sans nécessiter de mettre en place des actions supplémentaires. On note que la performance énergétique reste le maillon fort comptant pour près de 30% de la note pour chaque certificat du BIU.
Photo : Immeuble OVG - IVG à Francfort (Allemagne). certifié “Breeam-In-Use Excellent”
Bio express de l’auteur
Loïs Moulas est Directeur Associé de Sinteo, société de conseil et d’ingénierie spécialisée dans la maîtrise de l’énergie et du carbone.
Sur le même thème : Bâtiment, bâtiment durable, BREEAM, éco-label, efficacité énergétique, HQE, leed
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escargot | 26.11.11 à 10.24
Excellent article ! ça fait plaisir de voir Sinteo évoluer vers les certifications étrangères. C’est une réalité de marché que seul les institutionnels ne veulent pas voir