Ne jetez plus vos batteries usagées, MT Régénération les remet d’aplomb
par | 29.11.11

Spécial Pollutec Horizons 2011. Trop jeune pour avoir connu le service militaire, Eric Mosnier-Thoumas doit pourtant une partie de son destin à l’armée française. C’est en effet à partir d’une technologie développée par « la grande muette » - dans les années 70 - que cet entrepreneur normand a fondé la société MT Régénération. Une structure qui propose aux utilisateurs de batteries Acide/Plomb (engins de manutention et de nettoyage, petits véhicules…) de régénérer leurs batteries usagées. De quoi réduire leurs déchets industriels mais surtout faire de sérieuses économies.
Une technologie basée sur la résonance des matériaux

Eric Mosnier-Thoumas
Pour donner une seconde vie aux batteries, les machines utilisées par MT Régénération s’attaquent au sulfate qui se dépose, charge après charge, sur les plaques de plomb. Un « isolant » qui réduit sensiblement les capacités de ces accumulateurs. « Nous injectons une onde et un courant dans la batterie qui, grâce à la technique de résonance des matériaux, vont faire vibrer la plaque et décoller le sulfate », explique Eric Mosnier-Thoumas. Désormais appliquée dans le domaine civil, cette technologie se décline en plusieurs machines en fonction des caractéristiques des batteries plomb à réactiver : de démarrage, de traction ou stationnaires. En attendant les batteries lithium ? Pas si sûr. « Aujourd’hui c’est un marché très compliqué pour nous car chaque batterie lithium présente une technologie différente. A titre personnel, je crois d’ailleurs très peu à l’avenir de la batterie lithium dans les transports ».
Un potentiel annuel de 200 000 tonnes de batteries
Disposant d’environ 80% de ses capacités initiales, une batterie régénérée est facturée moitié moins chère que son équivalente neuve. Marché principal pour MT Régénération ? La manutention. « Nous récupérons les batteries auprès des loueurs de chariots élévateurs. La régénération s’effectue généralement après une location longue durée de 4 à 5 ans. » L’autre option consiste à collecter directement des batteries dans les déchetteries publiques afin de les commercialiser à nouveau. Des marchés qu’Eric Mosnier-Thoumas juge très prometteurs. « Près de 200 000 tonnes de batteries sont recyclées par an en France. Le potentiel est énorme. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons monté des partenariats avec d’autres sociétés françaises qui utilisent la même technologie. » D’ici 2013, un groupement d’intérêt économique (GIE) des « régénérateurs » français devrait ainsi voir le jour.
MT Régénération en bref…
- Création : mars 2010
- Siège social : Sotteville-Lès-Rouen (76)
- Effectif : 4 personnes
- Chiffre d’affaires : 160 000 euros (2011) ; 320 000 (objectif 2012)
- Volume de production : 50 tonnes de batteries recyclées en 2010
- Clients : sociétés de location (50%), collectivités (30%), industriels (10%), particuliers (10%)
- Partenaire : Strafont Energie (Valenton, 94)
- Concurrent : BSI
- Actionnariat : 30% levée de fonds ; 70 % fondateurs
- Coût : 2 500 euros pour une batterie de chariot élévateur régénérée (vendue 5 000 euros neuf)
Photos : Baptiste Roux Dit Riche
Sur le même thème : batterie lithium, batteries, Déchets, déchets industriels, Energie, Pollutec, start-up, valorisation des déchets















