La filière française de l’éolien terrestre veut éviter un trou d’air en 2012
par | 08.12.11

De notre envoyé spécial – Amiens (Somme). Favoriser les échanges entre les acteurs français de la filière éolienne. C’était l’objectif de la première édition des « Rencontres Windustry » organisées, hier et aujourd’hui à Amiens, par le Syndicat des Energies Renouvelables et sa branche France Energie Eolienne. Au programme : des tables rondes, des ateliers de réflexion, des rendez-vous B2B. Mais surtout une belle tribune pour un secteur qui peine à trouver un second souffle depuis les évolutions réglementaires du Grenelle II.
Une tendance à la baisse sur l’éolien terrestre
Si la montée en puissance de l’éolien offshore s’annonce pleine de promesses, à terre, l’optimisme n’est pas de mise. « Nous constatons un très net ralentissement des autorisations de permis de construire pour l’éolien terrestre constate Nicolas Wolf, Président de France Energie Eolienne. Cette baisse était de l’ordre de 30% au troisième trimestre 2011 par rapport à 2011. » Une tendance à laquelle s’ajoute le ralentissement des procédures d’autorisation. Le nombre élevé de recours contre les projets de parcs éoliens terrestres engendre en effet un délais d’attente moyen de cinq ans entre la demande du permis de construction et son obtention. Contre seulement deux années en Allemagne ou en Espagne selon France Energies Eoliennes.

Montage d'une nacelle - EDPR
Vers la création d’un guichet unique
Pour inverser la tendance, France Energie Eolienne propose d’abord aux décideurs publics (actuels ou futurs) de simplifier le dispositif des Z.D.E. (Zones de Développement de l’Eolien). Seconde revendication, la mise en place d’un guichet unique intégrant à la fois les demandes de permis de construire et d’autorisation au titre ICPE (Installations classées pour la protection de l’environnement) pour un même parc éolien. Une mesure d’ailleurs promise, fin octobre, par Nathalie Kosciusko-Morizet. « Nous avons eu des rendez-vous avec le ministère à ce sujet. Nous attendons désormais les propositions concrètes. Nous espèrons une mise en place le plus rapidement possible pour éviter un trou d’air en 2012 » espère Frédéric Lanoë, Directeur Genéral d’EDP Renewables en France.
Un partenariat avec neuf régions françaises
Lors de ses négociations avec le gouvernement, la filière éolienne pourra s’appuyer sur l’exemple picard. Avec 96MW installées et une part de l’éolien de 45,7% dans sa consommation électrique, la Picardie est en effet une des régions françaises les plus volontaristes sur l’énergie éolienne. Une performance qui reposerait justement sur des relations optimales entre les services de l’Etat (préfet de région), les collectivités locales (conseils généraux et conseil régional) et les professionnels locaux de l’éolien. Symbole de ce dynamisme, la Picardie participera d’ailleurs - aux côtés de huit autres régions françaises* - au projet Windustry France 2.0, présenté hier à Amiens. Prévu pour trois ans, ce partenariat entre des territoires et le Syndicat des Energies Renouvelables vise à fédérer les initiatives locales et structurer les filières industrielles de l’éolien en France. Souhaitons leur bon vent.
*Projet Windustry France 2.0: Aquitaine, Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Haute-Normandie, Lorraine, Nord-Pas de Calais, Pays-de-la-Loire, Picardie.
Le record
Heureuse coïncidence, le Syndicat des Energies Renouvelables annonçait ce matin que le parc éolien français avait battu, hier en début de matinée, son record historique de production. Soit une puissance de 4453 MW (sur un parc installé de 6 576 MW). Selon RTE, l’énergie éolienne aurait alors produit 6% de la consommation électrique nationale.
La citation
« Le secteur éolien représente aujourd’hui près d’11 000 emplois en France. Avec l’émergence du secteur éolien maritime, nous estimons que nous sommes en mesure de créer près de 60 000 emplois, dont près de la moitié dans la filière industrielle. » Jean-Louis Bal, président du Syndicat des Energies Renouvelables
Les opposants
Sans troubler le déroulement des « Rencontres Windustry », une manifestation antiéoliennes a quelque peu « animé » le rendez-vous amiénois hier. Menée par la Fédération Environnement Durable, la délégation d’opposants a investi l’entrée du palais des congrès Mégacité d’Amiens en brandissant des banderoles telles que « Non aux €oliennes » ou « La mer aux marins ».
Photo : Parc de Bougainville, Somme (suivi-eolien.com
Sur le même thème : Eolien, éolien offshore, éolien terrestre, éoliennes, grenelle 2, parc éolien, RTE, SER














Dominique | 9.12.11 à 12.57
La vraie question est: pourquoi les gens déposent ils des recours: pour le plaisir ? ou à cause des nuisances imposées par les promoteurs?