La PME française Poralu Marine installe un parc solaire flottant dans le New Jersey
par | 01.03.12

Comme ne l’indique pas son accent, Rémy Benois travaille bien pour une société française. Spécialisé dans l’équipement des ports de plaisance, son employeur, Poralu Marine, est plus précisément basé dans l’Ain. Seulement, cette PME dispose aussi depuis quelques années d’une filiale canadienne à Montréal. Voilà qui explique comment elle s’est retrouvée à plancher sur l’installation d’un parc solaire flottant à Canoe Brook (New Jersey, 25 kilomètres de New York). Une centrale opérationnelle depuis août. « Nous avons été contacté début 2011. L’idée originale c’était de concevoir une plateforme flottante avec de nombreuses contraintes : stabilité, longévité, résistance à la glace ou maintenance réduite. Et surtout dont le coût production soit compatible avec le budget fixé » explique Rémy Benois, responsable commercial de Poralu Marine pour l’Amérique du Nord.
Une structure capable de résister aux variations du niveau d’eau
Destiné à alimenter en énergie une usine de filtration de la Compagnie des Eaux du New Jersey, le parc solaire flottant de Canoe Brook a pour mission de générer 136 000 kWh d’énergie par an. Sa réalisation - sur la réserve de la station de traitement - résulte d’un partenariat entre Eneractive Solutions (solutions énergétiques), Seaflex (ancrage) et Poralu Marine (partie flottante). « A l’origine, un autre fabricant avait été sélectionné mais lors de la phase de conception, il s’est rendu compte que sa solution ne permettait pas de respecter le budget précise Rémy Benois. Pour réduire les coûts, il fallait revenir à des produits plus standards. » Expert dans la fabrication de pontons, Poralu Marine a donc opté pour des supports en aluminium issus de ses lignes de fabrication existantes. Quitte à porter les mensurations de la plate-forme finale à 36×38 mètres et non pas 35×35 mètres comme prévu initialement par Eneractive Solutions. Autre choix de conception : une forme en « peigne » qui évite l’ombrage sur les panneaux. Et permet au passage de renfoncer la rigidité de la structure. Soutenue par des flotteurs en polyéthylène, l’ensemble est fixé au fonds du bassin grâce à un système d’ancrage élastique Seaflex, variant selon la hauteur de l’eau (jusqu’à trois mètres sur l’année à Canoe Brook).
Un concept exportable malgré ses contraintes techniques
Désormais à l’eau, ce projet américain est-il initiateur d’une diversification de Poralu Marine dans l’énergie solaire ? « Le potentiel est là. Nous avons d’ailleurs un autre projet similaire dans une carrière inondée ». A Canoe Brook, la Compagnie des Eaux s’est fixée un délais d’un an pour évaluer les performances du projet. Passée cette période, si le parc solaire démontre sa performance alors l’opérateur devrait augmenter sa surface. Un bon argument commercial pour un système qui, une fois standardisé, proposerait un retour sur investissement de moins de cinq ans. Même si Rémy Benois souligne également les contraintes techniques de ce type de centrales. « Nous avons déjà été approchés par des gens qui possédaient une gigantesque surface d’eau. Mais le projet était impossible en raison de l’instabilité du plan d’eau ». Malgré ce handicap, le dirigeant évoque l’intérêt de prospects dans plusieurs pays, notamment en Italie. Aucun doute, les équipes de Poralu Marine n’ont pas fini de jongler avec les accents.
Poralu Marine en bref
- Siège social : Port (01)
- Filiale canadienne : Montréal
- Création : 1982
- Activité : pontons pour ports de plaisance.
- Chiffre d’affaires : 16 M€ dont 60% à l’international (exercice 2010/2011)
- Effectifs : 120 collaborateurs
- Coût de la centrale de Canoe Brook : non communiqué
Sur le même thème : énergie solaire, parc solaire, photovoltaïque, solaire flottant
















Didier N. | 9.03.12 à 20.18
Pour info. Ignace V.