Fondation Nicolas Hulot : « Nous tenions à rétablir certaines vérités sur le photovoltaïque »
par | 20.03.12
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Début mars, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) s’impliquait dans le débat énergétique avec la publication du rapport : « l’énergie solaire photovoltaïque : état des lieux et analyses ». Un document qui revient - en 100 pages - sur les enjeux économiques, technologiques et environnementaux du développement de l’énergie photovoltaïque en France. Entretien avec Alexandra Luciani, pilote de cette étude pour la FNH.
Cleantech Republic : Crise, marasme, morosité… Ces derniers mois, ces mots ont été beaucoup utilisés pour décrire la situation du secteur photovoltaïque en France. Quel était l’état d’esprit des acteurs que vous avez rencontré lors de la réalisation de cette étude ?

Alexandra Luciani
Alexandra Luciani : A travers notre comité de pilotage, nous avons rencontré des personnes aux profils très variés. Beaucoup semblaient déçus par la politique menée en France sur le photovoltaïque. Certains experts étaient en revanche plus mesurés. Je pense, par exemple, aux chercheurs qui travaillent sur les couches minces. Ils sont dans une dynamique très positive liée à l’avancement rapide de leur technologie. Au final, on peut dire que l’état d’esprit des acteurs de cette industrie n’est pas si pessimiste.
Votre étude dresse un état des lieux du photovoltaïque en France. Quels sont ses grands enseignements ?
Cent pages n’étaient pas suffisantes pour tout dire. Disons que nous tenions à rétablir certaines vérités. Comme sur les émissions de CO2 générées lors de la production de panneaux photovoltaïques. Si les panneaux photovoltaïques sont produits en Chine où l’énergie est très carbonée, évidemment les émissions sont importantes. La situation est radicalement différente pour les panneaux « made in france ». L’impact carbone des panneaux n’est pas une vérité universelle. Et nous préconisons donc une relocalisation de la fabrication.
Mais le véritable débat porte sur le coût de cette énergie…
Il est souvent dit que le photovoltaïque coûte très cher et notamment sur la facture du particulier. C’est vrai dans le sens où le développement d’une filière énergétique, à l’image de ce qui a été fait sur le nucléaire, nécessite des investissements conséquents. Nous insistons sur le caractère provisoire de ces investissements. Le photovoltaïque ne coûtera pas cher pour toujours, seulement le temps de son développement. Ces investissements engendreront des emplois non délocalisables en France (ndlr : maintenance, fabrication des panneaux…). Nous demandons donc à l’Etat de fixer des tarifs d’achat sur le long terme et d’aider le particulier à se lancer dans le photovoltaïque.
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Africa Express | 20.03.12 à 19.41
Article très intéressant, interview pédagogique et claire.