Taxicol : un projet de véhicule modulaire électrique entre taxi, tramway et bus hybride
par | 26.04.12

Nous sommes en 2017 et vous patientez à un arrêt Taxicol. Alors que votre smartphone affiche 15h15, les horaires officiels indiquent que le prochain passage n’est prévu qu’à 16h. Vous décidez alors d’appuyer sur un bouton d’appel placé sur l’abribus. Dix minutes plus tard, un petit module vitré, sans chauffeur, s’arrête à votre arrêt. Science-fiction ? Non, c’est l’ambition de la société Exid Assistance aux projets.
22 places disponibles à la demande
Projet de véhicule roulant, Taxicol se présente sous la forme d’une module doté d’une capacité de 22 personnes, autonome en énergie, sans chauffeur, et qui peut se lier à d’autres modules pour former une chaîne (jusqu’à 110 passagers). Les innovations majeures du système résident dans le module, mais aussi dans un système innovant d’appel : un « taxi-tram » à la demande pour les usagers. Il est ainsi possible de pré-réserver une place à bord d’un Taxicol via une application ou même d’appeler directement un module lorsqu’on est en phase d’attente. Ce système d’appel constituerait un outil statistique et prévisionnel idéal pour l’exploitant qui - en ajustant au mieux le nombre de modules en fonction de la fréquentation -augmenterait alors la satisfaction des usagers et diminuerait la consommation énergétique de sa flotte.
En termes d’infrastructures, une simple bande peinte au sol sur une voie réservée permet au véhicule de s’auto-diriger par guidage optique. Couplé à un système GPS et une boucle radio, le Taxicol peut également franchir, seul, des obstacles routiers existants comme des carrefours, feux et autres voies en ville. « Le coût d’infrastructure est considérablement réduit. Il n’est pas nécessaire d’installer des caténaires ou des rails explique Régis Coat, dirigeant de la société EXID Assistance aux projets. Le coût est équivalent à celui d’une piste cyclable. »

Des recharges par induction, un moteur d’appoint au bioéthanol
Le projet Taxicol se présente comme un véritable concentré d’innovations. La carrosserie et le châssis sont ainsi en fibre de lin - plutôt qu’en fibre de carbone ou de verre – afin de soutenir une nouvelle filière agricole et industrielle en France. De plus, les stations de recharges - placées au dépôt mais aussi tout au long du parcours du Taxicol - rechargeront les batteries des modules par induction. Elles seront également équipées d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques.
Sur le toit de chaque module, des panneaux photovoltaïques supplémentaires permettront d’alimenter le système de chauffage et climatisation, l’éclairage ainsi que la signalétique à l’intérieur. Enfin, pour la propulsion, le moteur électrique sera soutenu par un moteur d’appoint au bioéthanol qui ne servira qu’à franchir certaines pentes, et à prolonger l’autonomie du module. Là où un bus classique consomme 50L/100km, un bus hybride 23L/100km, Taxicol ne devrait ainsi consommer que 2L/100km (calculé sur un trajet de 200km).
Un chiffrage économique encore en cours
Taxicol est né avec le soutien de plusieurs institutions et notamment celui du conseil général des Yvelines qui l’a récompensé dans le cadre de l’appel à projet « véhicule intelligent - ville du futur ». Ces partenaires institutionnels subventionnent le projet à hauteur de 25%, le reste est investi par la société Exid. Le budget prévisionnel de construction et d’exploitation d’une flotte de Taxicol devrait être bientôt dévoilé. « Aujourd’hui, on peut comparer les coûts d’infrastructure à ceux d’un bus hybride, Taxicol offre des coûts d’exploitation en moins et la modularité en plus avance Régis Coat . Le système Taxicol sera également économiquement compétitif par rapport à une solution de tramway sur rails ou tramway sur roues.» Comptez 2 à 5 millions par kilomètre pour Taxicol contre 25 millions par kilomètre en moyenne aujourd’hui pour un système de tramway.
Le coût du projet estimé est évalué à 15 millions d’euros jusqu’à sa commercialisation en 2016. Régis Coat n’excluant pas une prise de participation d’industriels ou d’investisseurs avant cette date. Pour la suite, le prochain grand rendez-vous est fixé à mars 2013 avec la présentation du prototype Taxicol lors du salon de l’automobile de Genève. En attendant les premières commandes, une municipalité des Yvelines a déjà fait part de sa volonté d’expérimenter le système pilote en conditions réelles. Un prospect asiatique aurait également fait connaître son intérêt pour le système complet. Deux bonnes nouvelles pour un projet certes très ambitieux, mais qui a le mérite de mener une réflexion en rupture avec la vision actuelle des transports.
Exid Assistance Aux Projets en bref
- Siège : Paris
- Création : 2002
- Effectif : 11 personnes
- Activité : Conseil et assistance en pilotage de projets
- Clients : RATP, GDF SUEZ, COFIROUTE, VALEO…
- Chiffre d’affaires : 500 000 euros
- Exemples de réalisation : Micron (véhicule électrique), RATP (pilotage du déploiement d’infrastructures TETRA, automatisation de la Ligne 1)
- Partenaires Taxicol : Style & Design (design et prototypage) et AAA-Industries (conception-ingénierie).
Bio express de l’auteur
Nathalie Mettling, Consultante Environnement.
Elle travaille plus particulièrement dans les domaines de l’eau, de l’air et des déchets.
Sur le même thème : autobus, induction, mobilité durable, transport électrique, véhicule électrique
Bio express de l’auteur
















Régis | 27.04.12 à 09.41
ça parait merveilleux. ..
Trop?
A quelle vitesse vont rouler ces taxicoll?
Quid du problème sur la voie? Les passagers vont s’en occuper? Oui, pourquoi pas. Après tout, si ça pouvait améliorer le réflexe citoyen. Beaucoup de questions, sans doute, mais quelques unes évidentes auxquelles un premier article aurait pu -du?- répondre, sous peine d’y voir une simple communication douteuse.
Vos compléments d’info m’intéressent vivement
rb