Vendredi 30 octobre 2020

Management énergétique : Ubigreen promet un retour sur investissement de moins d’un an

Efficacité énergétique | Aucune réaction

par Olivier Barrellier | Cleantech Republic | 20.07.15

ubigreen

Du logiciel, de l’internet des objets, et de l’humain. Voici en résumé la philosophie d’Ubigreen, une start-up d’à peine trois ans, mais qui affiche déjà plusieurs références clients du CAC 40. Pierre-Olivier Bessol, son co-fondateur, partage sa recette.

Cleantech Republic : Comment définissez-vous votre métier ?

Pierre-Olivier Bessol : Nous œuvrons clairement dans le management énergétique. Mais nous avons choisi une approche systémique du sujet, avec une offre large et intégrée qui fait de nous un “one stop shop” énergétique. Nous avons donc en réalité plusieurs métiers : l’énergie, le développement informatique (SaaS, big data…), l’internet des objets (réseaux, capteurs, smart-grid…) et l’accompagnement du changement pour la gestion des usages. Les synergies entre ces compétences nous permettent de proposer une offre complète, de l’équipement des bâtiments, à la communication, en passant par le logiciel.

Un peu large pour une start-up, non ?

C’est pourquoi nous avons défini très précisément la nature des clients que nous pouvons aider en priorité : les grands comptes - que mon associé et moi-même connaissons bien grâce à nos expériences antérieurs - possédant un patrimoine immobilier complexe (diffus, hétérogène, international…), et en grande partie pré-équipé. En effet, nous avons constaté que les bâtiments des grandes entreprises sont souvent déjà instrumentés par des GTC/GTB , mais qu’ils sont en réalité délaissées et/ou mal utilisées. Pour des raisons techniques, contractuelles, et aussi souvent humaines. L’exemple classique c’est un exploitant qui utilise l’outil, mais un usager et un propriétaire qui n’y ont pas accès.

Que proposez-vous pour y remédier ?

L’idée consiste à faire sortir les GTB des sous-sols grâce à notre logiciel pour partager l’information et les actions avec toutes les parties prenantes : équipes techniques, gestionnaires du patrimoine immobilier, responsables du développement durable, service achat (d’énergie), DAF… et usagers ! Nous avons ainsi identifié quatre volets qui mixent capteurs, objets communicants, informatique et sciences humaines. Il s’agit d’abord de collecter l’information (consommation, production éventuelle, présence des occupants, usages, météo….). Cette simple étape permet déjà d’économiser jusqu’à 10% d’énergie. Il faut ensuite alerter, en temps réel, de manière différenciée et adaptée, les différentes parties prenantes. Il y a encore 5 % à gagner en donnant la bonne information, au bon moment et aux bonnes personnes. Puis analyser ces données, sur les plans énergétiques et financiers (fonctionnement, investissement), avec des algorithmes Big Data de type “machine learning” (ndlr : une branche de l’intelligence artificielle). C’est en général à cette étape que les gisements sont les plus importants, jusqu’à 15%. Et enfin, impliquer les gens avec des méthodologies issues de la communication et de l’accompagnement au changement, ce qui permet non seulement de gagner encore 5%, mais surtout de pérenniser les gains.

Vous promettez donc des résultats significatifs…

En moyenne 15 % d’économies d’énergie, et jusqu’à 40%. Mais le plus important c’est le retour sur investissement ultra court, inférieur à l’année. C’est important pour développer et conserver une dynamique chez toutes les parties prenantes, car il arrive souvent que les investisseurs ne soient pas les usagers et/ou les responsables des consommations. Ces résultats nous permettent aujourd’hui de travailler avec des grands groupes, comme la Société Générale, pour qui nous déployons notre solution sur une centaine de sites dans 10 pays. Ou encore le Crédit Agricole, Egis, la Générale de Santé, l’Hôpital Simone Veil, les conseils généraux 69 et 06… Nous avons également convaincu des acteurs de l’énergie comme Rexel, Veolia, ou encore ABB, d’intégrer notre offre à la leur, parfois en marque blanche.

Prochaine étape pour Ubigreen ?

Depuis notre création en 2012, et jusqu’à présent, nous avons pu autofinancer notre croissance. Mais nous allons probablement lancer une levée de fonds significative début 2016 pour nous développer sur deux axes : l’international, et l’ajout d’autres “verticaux” à nos compétences de base. C’est-à-dire dans d’autres domaines d’activités que ceux de l’énergie et des fluides… En attendant, nous lançons cet été une offre d’accélération vers la certification ISO 50001 pour nos clients.

Ubigreen en bref…

  • Création : 2012
  • Implantations : Toulouse (siège), Paris.
  • Effectifs : 20 (en croissance)
  • Principales références : Société Générale, Crédit Agricole, Générale de Santé, Hôpital Simone Veil, Conseils généraux du Rhône et des Alpes Maritimes, Egis, Valindus, Harting
  • Portefeuille énergétique : 108 m3 d’eau économisés depuis 2012 par la détection de fuites d’eau (soit l’équivalent de la consommation annuelle de 675 foyers) ; 800 bâtiments gérés ; 25 000 points de comptage ; 37000 MWh d’énergie économisés depuis 2012 (soit 1700 tonnes de CO2 ou l’équivalent de la consommation annuelle de 24 bâtiments administratifs de 10000 m2).

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